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AnthologiePoèmes ferroviaires
Le chemin de fer a eu ses poètes avant d'avoir ses archéologues. 6 poèmes de Yann pour ouvrir, puis 16 poèmes du domaine public : le recueil que Franc-Nohain consacre entièrement aux trains et aux gares en 1900, et deux paysages que Verlaine écrit depuis un compartiment en marche.
Les poèmes de Yann (6)
Six poèmes écrits pour Voies Oubliées, tirés de ce que l'inventaire finit par déposer : la plateforme qu'on remonte à pied, les ouvrages d'art restés sans trafic, la gare devenue maison, la ligne qu'on a fêtée à son ouverture et vendue à la ferraille.
Ma part de ballast
Je partais, le col nu, par les soirs de septembre, / Mes souliers déchirés buvaient l'eau des fossés ;
La machineRéseau
On a retiré le pays de dessous ses lignes. / Des viaducs sans fleuve. Des tunnels sans montagne. L'ouvrage est resté, l'usage est parti.
La finTortillard
Tu marches seul dans un pays qui n'a plus de trains / Les gares sont fermées les rails ont été vendus
Les garesLigne
La ligne est droite comme une promesse / Elle ne va plus nulle part
Les garesLe quai vacant
Le trajet n'est plus rien, nul horaire ne ment / Sur le quai que le jour désaffecte de gloire ;
La finSonnet pour une ligne
Ligne, que l'on aima quand tu étais nouvelle, / Quand les bourgs se paraient pour te voir arriver,
L'anthologie (16)
Des poèmes écrits sur le chemin de fer par des auteurs morts depuis assez longtemps pour que leurs textes appartiennent à tout le monde. Chacun est donné avec son recueil, son année et le lien vers la transcription qui a servi de source.
Prélude
Ah ! comme ça va, / Comme ça va donc vite
La machineLa locomotive regarde une vache en passant
Calme, immobile, / Dans le petit pré tranquille, au long de la ligne,
Les gens du railL'âme des chefs de gare
Les chefs de gare ont cette âme sceptique et narquoise / Des gens qui en ont bien vu d’autres :
Les gens du railDans le petit jardin du garde barrière
Dans le jardin du garde-barrière, — / Jardin qui n’est
Les gens du railLampisterie
La lampisterie est cet endroit plein de silence, / Où sont les lampes,
Les gens du railLe visiteur
— Messieurs les freins, j’ai bien l’honneur, / Car je suis votre visiteur. —
La machineParallèlement
Parallèles / D’un parallélisme éternel,
Le voyageLa protestation des pendules
Nous aurons une petite / Villa ornée de clématites
Les garesNocturne
La petite gare est endormie, / Endormis,
Le voyagePassage à niveau
— Un son de cloche, / Le train est proche ! —
Le voyageLe temps des bouillottes
Il est revenu, le temps des bouillottes, / Le temps des frimas,
Les garesRonde des départs
— Pour montrer que nous sommes tristes, / Il convient d’agiter nos mouchoirs de batiste.
Les garesSimple légende
J’ai rêvé d’une petite gare, dans un pays perdu, / Où personne, jamais personne, ne serait descendu.
La finLa dernière ronde
Nous n’irons plus aux gares, / Tous les trains sont coupés :
Le voyageMalines
Vers les prés le vent cherche noise / Aux girouettes, détail fin
Le voyageCharleroi
Dans l’herbe noire / Les Kobolds vont.
Les poèmes des visiteurs
La page est ouverte : une gare d'enfance, un passage à niveau supprimé, un talus qu'on remonte depuis trente ans. Il faut un compte pour écrire — le même que pour commenter une fiche — et rien pour lire.
Les métiers dont parlent ces poèmes — lampiste, garde-barrière, visiteur — sont décrits dans les métiers oubliés du rail ; les lignes qu'ils parcourent sont dans les fiches de ligne et sur la carte.