Parallèlement
Franc-Nohain (1872-1934)
Domaine public. Texte de Franc-Nohain (1872-1934), publié en 1900 dans Les Chansons des trains et des gares. Transcription Wikisource.
ParallèlesD’un parallélisme éternel,Les rails s’en vont à l’horizon,Et jamais, entre eux, ne ferontDes rondes, —Jamais, jusques au bout du monde,Les rails ne se rencontreront.
Et ils poursuivent leur chemin,Chacun de son côté, solitaire :Ils ne connaîtront pas le seul bonheur sur terre,Cette douceur de la main dans la main.Et si les rails ont l’âme aimante,Ils n’ont, hélas ! pour assouvirLeur désir,Que cette union momentanée et apparente,Dont il faut bien qu’ils se contentent,
Le baiser Lamourette des plaques tournantes.
Notice
Deux rails qui ne se rejoindront jamais, sauf sur la plaque tournante : le poème tient tout entier dans cette seule exception mécanique, et dans le « baiser Lamourette » — l'embrassade sans lendemain de 1792 — qui lui sert de chute.
Les autres poèmes de l'anthologie
Sources
- Franc-Nohain, Les Chansons des trains et des gares, La Revue blanche, 1900.
- Texte relevé sur Wikisource le 3 septembre 2026 — version exacte citée.
- Œuvre dans le domaine public : Franc-Nohain (1872-1934).