À propos
Voies Oubliées est un site cartographique sur les lignes de chemin de fer fermées et les gares abandonnées de France. Voici son histoire, et le cheminot qui l'a créé.
Notre histoire
Voies Oubliées a été créé par Yann, cheminot du Centre-Bretagne. Trente ans de métier sur le rail, dans ce pays de Carhaix où le train fait partie du paysage depuis qu'on est enfant, à parcourir les lignes, à connaître les gares par leur nom et les tracés par cœur — y compris ceux que plus personne n'empruntait. C'est ce regard-là, forgé par une carrière entière au bord de la voie, qui est à l'origine du site.
Yann a grandi et travaillé au cœur d'une région marquée dans sa chair par le rail : le Réseau breton, cet ensemble de petites lignes à voie métrique qui rayonnaient depuis Carhaix vers Guingamp, Loudéac, Paimpol et Morlaix, et qui ont presque toutes fermé. Toute une géographie disparue qu'il a vue, au fil de sa carrière, se déferrer, se boiser, se transformer en piste cyclable ou en simple souvenir de famille — des gares où son père descendait encore, des embranchements dont plus aucun collègue ne connaissait le nom. Une mémoire de métier qui, faute d'être transmise, s'efface aussi vite que les rails.
L'idée du site est née de ce constat. À force de sillonner le réseau, on finit par voir ce que les autres ne voient plus : une piste cyclable un peu trop rectiligne pour être naturelle, un talus régulier de chaque côté, d'anciens passages à niveau reconvertis en entrées de champ, une petite gare devenue maison d'habitation mais reconnaissable au premier coup d'œil. Autant de lignes fermées depuis des décennies, encore inscrites dans le paysage et dans une mémoire de métier — mais introuvables sous une forme claire pour le promeneur ordinaire. Des inventaires PDF disséminés par département, des forums de passionnés d'une immense richesse mais illisibles pour qui débarque, et aucune carte qui réponde simplement à la question que tout le monde se pose en tombant sur un de ces tracés : « qu'est-ce que c'était, cette ligne, et où menait-elle ? ».
À la retraite, Yann a décidé de mettre cette connaissance de terrain de trente ans au service d'une carte accessible à tous. Le parti pris est de partir des données géographiques ouvertes (OpenStreetMap, SNCF Réseau) plutôt que d'un fichier PDF, de les croiser et de les vérifier du mieux possible, et de compléter l'histoire de chaque ligne au fil de l'eau, une recherche à la fois. Le savoir du métier oriente et corrige ; les données publiques donnent l'échelle nationale qu'aucune mémoire, même longue de trente ans, ne pourrait couvrir seule. Et le site assume ses limites plutôt que de prétendre être exhaustif. C'est parti de la Bretagne intérieure, là où tout a commencé pour lui — les deux premières fiches enrichies à la main sont d'ailleurs deux lignes du Réseau breton — avant de s'étendre à la France entière.
Si vous avez vous-même arpenté une de ces lignes, si vous avez des photos, des souvenirs de famille ou une correction à apporter à une fiche, l'espace communautaire de chaque fiche vous est ouvert — et un e-mail suffit aussi : on lit tout.
Yann
Fondateur · cheminot du Centre-Bretagne, 30 ans de métier
« J'ai passé trente ans le long de ces voies. Beaucoup ont fermé sous mes yeux, et avec elles des noms de gares et de lignes que plus personne ne connaît. Ce site, c'est ma façon de ne pas les laisser tomber tout à fait dans l'oubli. »
D’où viennent les données
Les tracés proviennent d’OpenStreetMap (licence ODbL), croisés avec le registre des formes des lignes du réseau ferré national publié par SNCF Réseau. C’est ce qui donne l’échelle : 36 017 km de voies relevées.
Les dates d’ouverture et de fermeture qu’utilise la chronologie animée viennent de deux sources distinctes : l’inventaire d’Archéologie Ferroviaire pour 370 lignes, et Wikidata pour 48 autres. Soit 418 lignes datées, 8 614 km — une petite part du réseau relevé, et c’est volontaire : une ligne n’entre dans l’animation que si sa date est sourcée.
Ces dates sont inégales, et l’animation le montre plutôt que de le masquer. 365 lignes ont une année d’ouverture et de fermeture. Les 53 autres n’ont pas de fermeture documentée : elles sont tracées en pointillé, comptées à part dans le compteur, et ne s’éteignent jamais à l’écran. Il ne faut pas y lire un réseau survivant — seulement une recherche qui n’a pas encore abouti. Pour la même raison, l’année d’apogée n’est annoncée sur une page de département que lorsqu’elle ne dépend pas de ces lignes sans date ; sinon elle est déclarée indéterminée.
Quelques tronçons sont volontairement écartés de l’animation : lorsqu’un nom de voirie très courant (une « Route de Nantes », une « Avenue Jean Jaurès ») rassemble sous un même identifiant des bouts situés à des centaines de kilomètres les uns des autres, la date ne peut valoir que pour l’un d’eux au mieux. Ces tronçons rejoignent le réseau non daté, en filigrane.
Enfin, une date de fermeture désigne ici la fin du service documentée par la source, pas nécessairement la dépose des rails ni le déclassement administratif, qui peuvent la suivre de plusieurs décennies.
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