Le trajet n'est plus rien, nul horaire ne mentSur le quai que le jour désaffecte de gloire ;Mainte lampe a rendu sa flamme dérisoireAu vide où le convoi s'atteste en s'absentant.
Le rail, ce pur linéament que rien n'attend,Ne conduit qu'au néant sa rigueur méritoire,Et la ronce, écrivant une illisible histoire,Y feuillette le blanc d'un horaire éclatant.
Ô nul voyageur ! Seule une absence est venueS'asseoir où le sillage a laissé, continue,Le frisson d'un métal pour toujours aboli.
Et le Temps, qui ne sait démentir ce qu'il nie,Suspend au firmament sa gare dégarnie,Feu que nul revenant n'aura jamais cueilli.
Notice
Ce qui disparaît en premier dans une gare fermée, ce n'est pas le bâtiment : c'est l'affiche horaire. Le quai peut rester des années, vide et intact, sans plus rien annoncer.
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Sources
- Yann, texte inédit, 2026.